Le cours de religion en Belgique francophone

Dans cet article paru dans la revue Lumen Vitae, Jean-Marc Drieskens, délégué épiscopal adjoint pour l’enseignement dans le diocèse de Liège, propose une analyse éclairante sur la place et le rôle du cours de religion catholique dans l’enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles. L’auteur y décrit d’abord la complexité du système éducatif belge, marqué par la coexistence de réseaux officiels et libres, et souligne l’importance numérique du réseau catholique, qui scolarise près d’un élève sur deux.

Jean-Marc Drieskens aborde ensuite les défis actuels du cours de religion, notamment dans l’enseignement officiel, où son statut est régulièrement remis en question au profit du cours de Philosophie et Citoyenneté (CPC). Il rappelle que, dans l’enseignement catholique, le cours de religion reste obligatoire et s’inscrit dans une approche transversale, intégrant les dimensions du croire, du célébrer et du vivre, tout en respectant la diversité des positions personnelles des élèves.

L’article met en lumière les finalités pédagogiques du cours : aider les jeunes à approfondir leur foi, leur permettre de se situer face au message chrétien, et leur faire découvrir l’impact historique et culturel du christianisme. Une lecture essentielle pour les professeurs de religion, qui y trouveront des pistes pour défendre et enrichir leur pratique enseignante.

Gourou

Un film qui observe les enjeux contemporains et les dérives des coachs de vie. Avec le toujours très bon Pierre Niney, on interroge le paraitre, les faux semblants, ce qui se passe hors champ comparé à ce qui est montré sur les réseaux, ces nouvelles idoles et ces nouveaux fanatismes. Jusqu’on est-on prêt à aller pour préserver son image et sa gloire ? 

Le film n’est peut être pas à regarder dans sa totalité dans le cadre d’un cours mais on peut en tirer des extraits très intéressants. Ou pourquoi pas le travailler en retraite ? Il permet de poser aux jeunes la question des réseaux sociaux et du rapport au réel. Il peut déboucher sur des débats très intéressants et, peut-être, une distance critique de la part de nos jeunes sur leur rapport aux réseaux. Il peut être mis en lien avec le mythe de la caverne de Platon par exemple pour explorer cette question du réel et des apparences. 

Ce film ou des extraits peuvent être intéressants pour travailler la CD5 pratiquer le questionnement philosophique, ou la CD8 construire une argumentation éthique. 

Les enfants de la résistance : un film mais avant tout des BD !

Les enfants de la résistance, c’est d’abord une superbe série de 9 BD (la 10ème sort cet été) avant d’être un bon film. 

Les BD, et le film (qui reprend les deux premières BD), sont une belle manière d’aborder la question de la guerre avec les enfants. Loin d’être basé sur un manichéisme des gentils français et des méchants allemands, la BD vient délicatement amener de la nuance dans une guerre : des français résistants mais aussi des collabos et ceux qui ont peur, des allemands dangereux mais aussi des sympathiques qui jouent au foot ou sauvent une française d’un incendie. C’est aussi la question de la responsabilité et du fait d’assumer ses actes à tout âge ou encore la question des valeurs fondamentales. 

Autant de sujets que l’on peut aborder avec les enfants ou avec nos jeunes adolescents. On peut passer par des extraits du film ou par des pages de la BD. De nouveau, ce sont des sujets qui peuvent être abordés de manière transversale avec d’autres cours. 

Pour le cours de religion, vous pourrez travailler avec ces supports les CD5 pratiquer le questionnement philosophique, CD8 construire une argumentation éthique, CD10 Explorer et décrypter les différentes formes d’expression littéraire et artistique.

Nuremberg : un procès vu sous l’angle d’une relation entre deux hommes

Nuremberg relate une partie du procès de Nuremberg sous l’angle des échanges entre le psychiatre Douglas Kelley et Hermann Göring. Certes, il s’agit d’un film américain qu’il est important de replacer dans son contexte et de préciser qu’il n’aborde qu’un angle du procès. Mais il n’empêche qu’il a le mérite de remettre en lumière ce procès et de montrer les images d’archives de la libération des camps de concentration pour que l’on n’oublie pas ce qui s’y est passé. Le jeu d’acteur de Russell Crowe est impressionnant, tellement qu’il fait passer Hermann Göring pour un type sympathique, ce qui nous renvoie à la question du monstre et de l’origine du mal. Ce film est à mettre en lien avec l’expérience de Milgram ou la théorie de la banalité du mal d’Hannah Arendt pour faire comprendre aux élèves que les monstres n’existent pas, seuls des hommes existent. Cela nous renvoie à nous-mêmes, à ce que nous sommes capables de faire, à ceux que nous pouvons suivre, à l’ambigüité humaine, à notre esprit critique et à nos valeurs morales. Idéal si vous voulez aborder la question de la déresponsabilisation, de la 2ème guerre mondiale, de l’Holocauste, du totalitarisme, du mal chez et en l’homme. 

Ce film est plutôt à envisager dans le secondaire supérieur car il demande une certaine maturité pour une bonne compréhension du sujet ainsi qu’une certaine connaissance des faits. Il peut être intéressant de l’envisager dans le cadre d’un travail transversal avec vos collègues d’histoire, voire de français : autant le mobiliser dans plusieurs cours pour pouvoir l’analyser sous différents angles. 

En ce qui concerne le travail du cours de religion, ce film est intéressant pour travailler les compétences : CD4 interroger et se laisser interroger par les sciences humaines, CD5 pratiquer le questionnement philosophique et CD8 construire une argumentation éthique.

Journée CIRI

La CIRI (Commission interdiocésaine pour les relations avec l’Islam) vous invite à sa 19e journée annuelle qui se tiendra le samedi 28 mars à Bruxelles.

La thématique de cette année sera : « A l’écoute de l’autre: vivre une expérience spirituelle? »

En matinée, deux conférencières prendront la parole:

Anne DUBRUILLE: « La rencontre: expérience spirituelles? »

Zahra KHATRI: « L’altérité: chemin à cultiver »

Programme et modalités d’inscription ici.

Les quatre évangiles – Traduction de la Vetus Syra

Bien plus qu’une « nouvelle » traduction des Évangiles, cet ouvrage est une première mondiale. Il nous donne accès à des manuscrits du IIe siècle contenant les quatre Évangiles en syriaque ancien, la langue la plus proche de l’araméen du Christ et des apôtres. Cet ouvrage de la « Vetus Syra » est une traduction inédite des Evangiles « au plus près des mots de Jésus ». Celui-ci ne parlait pas le grec ni dans sa vie quotidienne ni dans sa prédication.

Je n’ai pas encore lu l’entièreté de l’ouvrage mais seulement l’Evangile de Marc, l’Evangile du cœur. Les notes abondantes et les tableaux présents mettent le texte à la portée de chacun et font référence aux Ecritures et à la tradition juive. Cet ouvrage nous rapproche du contexte et de la pensée du milieu juif au 1er siècle. 

J’ai apprécié cette Vetus Syra qui change des traductions habituelles. C’est une richesse. Pour les croyants d’abord car la variété des textes empêche de s’attacher trop strictement à une seule version « magique » du texte. Elle rappelle que la foi ne consiste pas à adorer un livre, mais à chercher une rencontre vivante avec Jésus-Christ. Pour tous ensuite car même sans foi, les Évangiles restent le socle de notre civilisation. Ils ont apporté le respect de la dignité humaine, la séparation entre politique et religion, et ont façonné nos arts, nos noms et notre calendrier. Redécouvrir l’histoire de ces textes, c’est comprendre d’où viennent nos valeurs et notre identité.

Cette première traduction en français des textes araméens est parue aux Editions des Béatitudes. Son auteur est Etienne Méténier, prêtre et docteur en théologie. Ce livre est le fruit de sa thèse de doctorat, cinq manuscrits, redécouverts peu à peu à partir du 19e siècle.

Nouvelles situations d’apprentissage

Deux nouvelles situations d’apprentissage pour le tronc commun viennent d’être ajoutées aux trois précédentes. L’une concerne le livre de l’Ecclésiaste autour d’une œuvre d’art ; l’autre la démarche de décodage des publicités à connotation religieuse.

Elles sont disponibles ici.

Pour rester informés des nouveautés concernant la mise en oeuvre du tronc commun, abonnez-vous à la lettre du secteur religion (SeGEC).

Les voeux de Jean-Marc Drieskens

Cher(e)s Collègues,

Les fêtes de fin d’année sont l’occasion pour bon nombre d’entre nous de passer des moments familiaux riches en bonheurs et joies partagés. Une période durant laquelle les préoccupations personnelles et problèmes mondiaux sont occultés par notre volonté de vivre des sentiments, des émotions qui réconfortent l’esprit et réchauffent le cœur de tout un chacun.

Les membres de l’équipe Reli-Relais s’associent avec plaisir à ces élans positifs et généreux au cours desquels le temps est comme suspendu dans sa marche inexorable vers demain !

Cela dit, cette fin du mois de décembre est aussi l’époque de Noël où nous fêtons la naissance de Celui qui est venu donner sens à notre existence et rendre espoir à notre monde. Une naissance vécue comme cette lueur, cette lumière, petite, vacillante mais qui éclaire les voyageurs que nous sommes au cœur de la nuit. Une lumière qui nous rappelle que l’espérance est certainement ce qui conduit l’être humain à se mobiliser et à croire en un avenir meilleur.

L’année 2026, sera sans doute, sur le plan social, une année qui nécessitera de vivre cette espérance au cœur de notre quotidien. Sachez aussi que, dans ce domaine notre équipe sera à vos côtés pour défendre cet idéal de formation et d’éducation qui nous rassemble et nous unit.

Joyeux Noël et bonne année 2026.

Jean-Marc Drieskens

Pour l’équipe Reli-Relais

Chien 51, librement inspiré de Chien 51 de Laurent Gaudé.

Il s’agit d’une dystopie sur la question de l’IA : Paris est divisée en quartiers habités en fonction de ses revenus. L’IA fait partie du quotidien des gens qui ne sont pas concernés par la fracture numérique (les plus pauvres n’ayant pas accès à cette technologie sont marginalisés et vivent dans des sortes de bidonvilles). L’IA sait tout et voit tout, les gens sont pucés et tracés, elle se trouve partout, à tous les niveaux, elle participe à la vie quotidienne. Elle aide d’ailleurs la police qui s’en sert pour résoudre ses enquêtes : c’est elle qui, sur base des indices récoltés, va élaborer des hypothèses en les accompagnant de taux de probabilité pour pourvoir arrêter les bons criminels. Mais que de passe-t-il quand cette IA se dérègle, sort de tout contrôle et commence à mentir ? Que cache-t-elle ? Est-elle pourvue de moralité ? 

Un film intelligent si vous voulez aborder la question de l’IA et du recul critique face aux informations ou encore de la liberté de choix. Il peut être travaillé dans le cadre d’une argumentation éthique (CD8), d’un questionnement philosophique (CD5) ou d’une analyse de la société (CD11). Vous pouvez l’utiliser si vous abordez les thématiques « Dire oui au bien non au mal », « Structure sociale du mal », « Violence légitime ou non ? », « Respect de dignité inconditionnelle de chacun », « Asservissement ou liberté ? ».

L’étranger, adapté de L’étranger de Camus

A voir si vous avez aimé le livre ! A faire voir aux élèves si vous leur faites lire le livre. Attention cependant, les élèves peuvent être déroutés par ce genre de film où il y a peu de dialogues et peu d’action. Ozon joue avec les silences et les regards, avec les gros plans sur les visages, avec un esthétisme et une certaine sensualité dans l’image (peut-être trop par rapport au personnage du livre). Mais ce film amène les mêmes questions chez le spectateur que chez le lecteur. A voir ! Vous pourrez travailler avec vos élèves les questions de justice, de morale sociale, de jugement, des normes et de leur validité, de conscience morale, de l’autre et du rapport à l’autre, de la vérité et j’en passe. Ce film peut permettre aussi une « entrée en philosophie » plus accessible pour un public en froid avec la lecture. 

Ce film peut vous permettre de travailler les compétences suivantes : évidemment la CD5 : pratiquer le questionnement philosophique mais aussi l’utiliser pour questionner les valeurs lors d’une argumentation éthique (CD8), ou encore pour décrypter une forme d’expression littéraire (CD10)

Vous pouvez également l’intégrer dans des thématiques comme « Bonheur et altérité », « Structure sociale du mal », « Les souffrances liées aux relations »