
Bien plus qu’une « nouvelle » traduction des Évangiles, cet ouvrage est une première mondiale. Il nous donne accès à des manuscrits du IIe siècle contenant les quatre Évangiles en syriaque ancien, la langue la plus proche de l’araméen du Christ et des apôtres. Cet ouvrage de la « Vetus Syra » est une traduction inédite des Evangiles « au plus près des mots de Jésus ». Celui-ci ne parlait pas le grec ni dans sa vie quotidienne ni dans sa prédication.
Je n’ai pas encore lu l’entièreté de l’ouvrage mais seulement l’Evangile de Marc, l’Evangile du cœur. Les notes abondantes et les tableaux présents mettent le texte à la portée de chacun et font référence aux Ecritures et à la tradition juive. Cet ouvrage nous rapproche du contexte et de la pensée du milieu juif au 1er siècle.
J’ai apprécié cette Vetus Syra qui change des traductions habituelles. C’est une richesse. Pour les croyants d’abord car la variété des textes empêche de s’attacher trop strictement à une seule version « magique » du texte. Elle rappelle que la foi ne consiste pas à adorer un livre, mais à chercher une rencontre vivante avec Jésus-Christ. Pour tous ensuite car même sans foi, les Évangiles restent le socle de notre civilisation. Ils ont apporté le respect de la dignité humaine, la séparation entre politique et religion, et ont façonné nos arts, nos noms et notre calendrier. Redécouvrir l’histoire de ces textes, c’est comprendre d’où viennent nos valeurs et notre identité.
Cette première traduction en français des textes araméens est parue aux Editions des Béatitudes. Son auteur est Etienne Méténier, prêtre et docteur en théologie. Ce livre est le fruit de sa thèse de doctorat, cinq manuscrits, redécouverts peu à peu à partir du 19e siècle.